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Précisions sur la terminologie

15/09/2018

 

Communiqué

Terminologie recommandée
en lien avec la médecine chinoise

 

 

Le Conseil Académique Français de la Médecine Chinoise (CAFMC) est une des composantes du processus de reconnaissance de la médecine chinoise qui a été initié en 2015. Les missions du CAFMC relèvent principalement des questions épistémologiques, scientifiques et pédagogiques. À ce titre, il peut être saisi ou consulté pour rendre un avis ou pour toute question d’expertise en matière de médecine chinoise. C’est ainsi qu’il a été missionné pour travailler sur quelques aspects de la terminologie.

Les membres du  CAFMC, tous sinisants et porteurs de titres universitaires les qualifiant dans la discipline, ainsi que des experts dans les domaines de la linguistique, de la traductologie, de la sinologie et de la création de néologismes, qui ont été associés à cette réflexion sur la terminologie, ont fait plusieurs propositions, en tentant de concilier la justesse des termes avec les demandes politiques qui lui ont été transmises par la DIRMéCh, au cours de réunions régulières, depuis environ un an. Les organisations professionnelles suivantes ont également été consultées depuis le début de ce travail : FNEMC, FNMTC, OSMC, SFMC, SIATTEC, UFPMTC.

Après avoir pris connaissance des recommandations et rapports écrits du  CAFMC, les organismes mentionnés ci-dessus, ainsi que d’autres qui ont participé plus tardivement à cette réflexion, comme le CCREAT, l’ESCTRA et le CSNAT, ont été invités par la DIRMéCh, lors d’une réunion, le 30 mai 2018, à se prononcer sur certains choix de terminologie. Après exposé des points de vue, des arguments et des enjeux, il a été procédé à un vote à la suite duquel les termes suivants ont été adoptés :

 

1.     « Médecine chinoise » pour désigner la discipline dans son ensemble

 

Le CAFMC, dans ses différents rapports a exposé de nombreux arguments qui légitiment, sans ambiguïté, ce choix de « médecine chinoise » plutôt que « médecine traditionnelle chinoise ». Ils ne sont pas développés ici, pour ne pas alourdir ce document, mais le CAFMC pourra communiquer des références de publications scientifiques qui exposent les raisons qui ont conduit la communauté intellectuelle internationale à adopter cette terminologie.

Cependant, au cours du  débat, il est apparu que certaines personnes ou certains groupes restaient attachés à l’expression « médecine traditionnelle chinoise », pour des raisons d’habitude collective dans certains milieux, parce que l’intitulé de leur organisme avait fait ce choix à une époque où cette traduction erronée ne leur était pas connue, où pour d’autres raisons. On peut facilement comprendre le souhait de conserver cette dénomination, lorsque le logo ou l’acronyme d’une école ou d’une fédération a été constitué, il y a parfois plusieurs décennies, avec « MTC ». Le CAFMC  est donc favorable à une certaine tolérance dans l’emploi de ce terme,

 

En revanche, pour les organismes donc la dénomination et l’acronyme évoquent clairement

« Médecine chinoise », ce qui est le cas de tous ceux qui se sont constitués dans  le  cadre du processus de reconnaissance (CAFMC, COSAMéCh, DIRMéCh, SFMC, USAMéCh, etc.), il est évident que le terme « médecine chinoise » doit être systématiquement employé et recommandé.

 

 

2.     « Praticien de médecine chinoise » pour désigner le professionnel qui exerce la discipline

 

Le CAFMC  et l’ensemble des  organisations présentes se sont exprimés pour dire que le terme « sinopraticien », évoqué à plusieurs reprises et pour lequel les parlementaires en charge du dossier avaient opté, ne peut pas convenir, pour diverses raisons, dont la plus importante est qu’il ne contient aucune référence à une activité « médicale » et ne peut donc clairement désigner des professionnels de santé, sans risque d’ambigüité avec toute personne exerçant n’importe quelle « pratique chinoise » (wushu, calligraphie, etc.). Ce terme a donc été unanimement rejeté par le CAFMC  et par les organisations professionnelles qui se sont exprimées au cours de la réunion du 30 mai 2018.

Les autres néologismes qui avaient été proposés par le CAFMC semblent ne pas avoir été retenus par les parlementaires en charge du   dossier, car, selon les informations transmises à la DIRMéCh, ils ne souhaitaient pas que le mot désignant les professionnels de médecine chinoise contienne une racine ou une référence « médicale » (comme « sinomédecin », « sinomédicologue », « sinothérapeute » qui ont été rejetés). Les représentants des organismes présents à la réunion ont tenu à rappeler que la médecine chinoise est bien une médecine et que ce système médical, bien que différent de la médecine occidentale conventionnelle, est une médecine à part entière. Dans une perspective d’aboutissement du processus de reconnaissance en cours, il est important qu’il prenne en compte cette réalité et que les termes employés pour désigner les acteurs de cette médecine soient en accord avec la définition qu’elle recouvre et qu’il respecte leur identité.

En conséquence, le CAFMC et les organisations professionnelles, tout comme l’ensemble des experts consultés, ont exprimé que les deux exigences transmises par la DIRMéCh de la part des parlementaires (un terme en un seul mot et ne comportant aucune racine grammaticale évoquant la médecine) ne permettaient pas de trouver un mot acceptable pour désigner clairement les professionnels de la médecine chinoise. En conséquence, il a été jugé préférable par le CAFMC et par les organisations professionnelles que ceux-ci continuent à être nommés « praticiens de médecine chinoise », terme qui a été proposé et voté à la majorité. Pour les mêmes raisons que celles mentionnées au  précédent paragraphe, bien que le terme « praticiens de médecine traditionnelle chinoise » n’ait pas recueilli le suffrage nécessaire, il peut être admis comme synonyme, notamment dans sa forme « praticien de MTC », pour ceux qui y seraient attachés.

 

 

3.     « Médecine conventionnelle » pour désigner la médecine institutionnelle occidentale

 

 

Les termes suivants sont à éviter pour désigner le système médical officiellement enseigné et pratiqué en France :

  • « médecine allopathique » (la médecine chinoise est, par définition, elle aussi « allopathique » comme toutes les médecines à l’exception de l’homéopathie);

  • «médecine moderne» (elle n’est pas plus moderne que les autres systèmes médicaux qui sont pratiqués à notre époque);

  • «médecine scientifique», «médecine traditionnelle» également des termes peu appropriés.

Le terme « médecine conventionnelle » est admis comme le mieux adapté. Dans certains contextes, on peut également admettre « médecine occidentale », par exemple pour désigner ce système médical dans le cadre de pays qui ont plusieurs médecines conventionnelles (Chine, Corée, etc.). Dans ce cas précis, « médecine conventionnelle » peut se révéler ambigu.

 

 

4.     « Usager » pour désigner le patient

 

Il est admis que le terme « usager » désigne le patient, en tant qu’acteur social d’un système de santé publique. Le propos n’est pas d’exclure le terme « patient » du vocabulaire en usage. Ces deux termes peuvent exister dans des contextes différents. On dira, par exemple, « les usagers souhaiteraient une meilleure prise en charge de leurs soins par l’assurance maladie » mais on évitera de dire « Monsieur Dupont est un de mes usagers ». Dans ce dernier cas, on préférera « Monsieur Dupont est un de mes patients ».

 

 

5.     Termes en lien avec la pharmacopée chinoise

 

Le terme « pharmacopée chinoise » est le plus adéquat pour désigner la discipline, de préférence à toute autre expression moins juste (« phytothérapie chinoise », par exemple, qui laisserait supposer qu’elle n’utilise que des plantes). On dira donc : un traité de « pharmacopée chinoise », un cours de « pharmacopée chinoise », cette substance fait partie de la « pharmacopée chinoise ». Selon le contexte, et notamment dans un cadre scientifique, on pourra évidemment employer d’autres termes spécifiques tels que « pharmacognosie chinoise », « pharmacologie chinoise », etc. En revanche, il est impropre de dire « je prends une pharmacopée chinoise ». On parlera plutôt d’une « formule de pharmacopée chinoise », cette « formule » étant composée d’« ingrédients ».

Il est recommandé d’éviter le mot « médicament » qui est ambigu et pose des problèmes légaux interminables ; « remède » est plus général donc moins sujet à polémique. Le mot « drogue » est également problématique, son champ sémantique initial ayant évolué, avec toutes les connotations péjoratives que nous connaissons bien.

La proposition de remplacement de « prescription de pharmacopée chinoise » par « préconisation de remèdes traditionnels chinois » a été globalement rejetée.

L’expression « remèdes traditionnels chinois » peut être employée comme terme générique pour désigner les produits de la pharmacopée chinoise qui sont importés, préparés et distribués par des entreprises spécialisées. Elle est facilement compréhensible dans une liste ou un catalogue. On pourra donc dire « la société XX s’est spécialisée dans l’importation de remèdes traditionnels chinois » mais on    ne dira pas « je suis une formation de remèdes traditionnels chinois », mais plutôt « je suis une formation de pharmacopée chinoise ».

 

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